
Souvent moqués, vus comme des phénomènes de foire, les libertins et libertines ont bien du mal à s’organiser, à défendre leur point de vue, notamment car beaucoup d’entre eux n’assument pas au grand jour. Et qui pourrait les en blâmer : à lire la mauvaise presse qu’on fait du libertinage, pour vivre libre, mieux vaut vivre cachés.
Lassés de cet état de fait, un jeune couple a décidé il ya un an et demi de fonder un magazine libertin en ligne, dans le but de défendre et de promouvoir les idées libertines.
- Pourquoi avez-vous créé le magazine Idées Libertines ?
Au départ, nous voulions témoigner de nos expériences libertines. Et, très vite, le blog perso ne nous a pas semblé être une bonne solution. Nous voulions parler de ce que nous avions vu et entendu dans les clubs, recueilli comme témoignages de libertines et libertins au cours de conversations.
Et surtout, nous voulions donner un point de vue libertin sur les choses, à une époque où le sexe est partout, et finalement nulle part.
- Oui, on parle beaucoup de sexe, qu’apporte de neuf votre webzine ?
Quand on parle de sexe, c’est souvent pour rire, pour pleurer, ou dans un but mercantile. Notre objectif était d’abord de montrer que des tas de gens se réalisaient dans des sexualités alternatives, et que le fait d’être libertin ne consistait pas seulement à aller traîner les clubs échangistes.
- C’est donc un journal d’opinion ?
Absolument. Idées Libertines Magazine est avant tout un webzine de reportages (sur la vie libertine mais aussi sur la culture érotique) mais aussi une tribune.
Selon nous, un homme qui accepte de voir sa femme avec d’autres hommes ou femmes a largement dépassé certains clichés et a-priori sur la sexualité féminine. Alors, quand on entend certains ‘intellos » critiquer le « libertinage de masse », on se dit, quand même, que quand un « beauf » accepte de telles choses de sa femme, il y a du progrès.
- Selon vous, le développement du libertinage est un progrès pour la femme ?
N’allons peut-être pas jusque là. D’abord, le soi-disant développement de l’échangisme est un leurre. Selon les statistiques, ce sont sensiblement les mêmes proportions de Français qui se livrent à des pratiques dites libertines.
Mais c’est vrai qu’à une période où on nous vend à longueur d’articles un essentialisme sexué, sur le mode « les femmes viennent de Vénus, les hommes viennent de Mars », voir des femmes assumer leur sexualité et des hommes l’accepter dans la joie et le plaisir, ça nous semble constituer un progrès.
- Tous libertins, c’est donc votre mot d’ordre ?
Non, pas du tout. Ou en tout cas faut-il d’abord savoir ce qu’on entend par libertin. Faire des plans à quatre ou des partouzes, vivre une vie de couple libéré, ça ne convient pas forcément à tout le monde. Nous ne sommes pas là pour faire du prosélytisme mais pour exposer le champ des possibles.
La fidélité, au sens strict, est aujourd’hui le réglage par défaut du logiciel « couple ». Nous invitons chacun et chacune à se poser des questions sur sa propre morale, ses envies, ses fantasmes. Quitte à revenir aux réglages par défaut de la sexualité. L’important étant, autant que faire se peut, de se définir soi-même – comme individu, et éventuellement comme couple – par rapport à sa sexualité.
A lire : Magazine Idées Libertines (18+)










d’accord pour valoriser la différence entre « libertin » et « libéré »:) bonne interview